008s024

L’occupation s’étire le long de la rive nord d’un affluent du Croult, le rû de Monfort. Telle que la révèlent l’archéologie préventive et quelques surveillances de tranchées, elle couvre une superficie de 52 hectares. Toutefois, à ce jour, les zones fouillées ne représentent que 2% de l’étendue de l’occupation protohistorique et seule la limite nord-ouest est connue avec certitude. Les fouilles, au hasard des opérations de constructions, se sont cantonnées aux secteurs périphériques de cette bourgade artisanale de l’Age du fer récent. Toutes les hypothèses et en particulier celles liées aux premières traces d’occupations dans les années 350 avant J.-C. et au déclin du site dans les années 110 après J.-C. sont contingentes de cet « en cours » des recherches de terrain. Les occupations gauloises et romaines sont assises sur des calcaires de Saint-Ouen, déstabilisés par les gels du Quaternaire, solifluées et mélangés à des sables verts de Beauchamp. L’action de l’eau, en remodelant en profondeur ce substrat calcaire, (4 à 6 m) a créé une micro-topographie variée où alternent creux et bosses. Deux toponymes, la Motte et la Vache à l’Aise illustrent bien les avantages du site, l’un révélant une petite butte naturelle bien drainée, l’autre un creux gorgé d’eau. Le substrat ainsi formé est une matière jaune plastique et finement mêlée à des sables. Il joue un rôle non négligeable dans l’économie du site. Parois de fours, outils du quotidien mais également moules pour la métallurgie des métaux précieux et en particulier de l’or, ce substrat se comporte comme une matière première de choix. Pour les archéologues cette fine bouillie calcaire joue également un rôle important puisqu’elle contribue grandement à l’un des intérêts majeurs du site, l’excellente conservation de la matière osseuse. La fouille de la plus importante nécropole connue jusqu’à présent en Europe pour l’âge du Fer récent (521 inhumations), mais également les 100 000 ossements animaux ou les nombreuses traces de métallurgie, obligent à accorder, à ce site, un statut de premier rang. Celui-ci contraste avec une situation géographique, le milieu d’une vaste plaine basse humide, peu apte à la défense. La surface aménagée, la présence d’axes de circulations empierrés et pérennes, l’absence de tout type de remparts semblent indiquer, tout une bourgade ouverte, structurée, révélant en première analyse, ce qui s’étudie le plus facilement dans les vestiges mobiliers, des pratiques artisanales. Toutefois une statue en bois, de nombreux dépôts spécifiques, chiens décapités, crâne de chevaux ou amphores décolletés révèlent de nombreux gestes à caractères rituels. Cette omniprésence du sacré dans le quotidien s’accorde bien à ce que nous percevons des religions aux âges des métaux. Cependant, force est de constater qu’elle n’aide pas à la discussion des répartitions spatiale, des fonctions, à l’intérieur du site. Toutefois la densité des gestes sur certains secteurs et en particulier aux limites du site pourrait indiquer que ces enclos accueillent des fonctions collectives, dépassant le cadre du simple « culte domestique ». Toutefois à la vue de l’incomplétude des données, il est encore trop tôt pour caractériser ces types de manifestations (à titre de remarque, notons que la pratique de troisième mi-temps après des sports collectifs, ou celle de repas rassemblant toute une classe d’age risquent fort de prendre l’apparence, par les vestiges qu’ils laisseraient, de banquets aristocratiques). Comme souvent le poids du monde des morts dans la documentation est écrasant (25 fibules en habita,t plus de 410 en sépulture) ! A la nécropole de l’hôpital Avicenne et à ses tombes groupées, il convient d’ajouter de nombreuses pièces de squelettes humains disséminées dans tous les types de creusements. Certaines disposées aux endroits stratégiques, entrées, angles d’enclos font l’objet de mises en scène. Dernier aspect visible de cette présence ubiquiste du monde des morts, des sépultures isolées réutilisent des silos, des fossés et même des puits ce qui pose certainement un intéressant problème de santé publique. Les premières données liées à l’étude d’un échantillon de 166 individus confirment le caractère atypique de ce site. Les enfants, réalité sociale floue (ou plus exactement à la vue des squelettes, les immatures) sont, au regard de l’archéologie, particulièrement nombreux, représentant plus de 40% des tombes. Le déficit comparé entre tombes perçues par l’archéologie et pourcentages classiques données par les tables de mortalité pour les populations pré-jeneriennes s’expliquant par une érosion certaine.

Organisme
Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Date de rédaction
16/08/2000
Code site
008s024
Date de découverte ou d'enquête
1994
Source
carte archéologique départementale
État de découverte
structuré
Niveau d'interprétation
site fonctionnel
Précision emprise
localisation connue et limites supposées
Qualification de datation
période(s) d'occupation
Appréciation de localisation
1/5000
Nature du site
enfoui
État actuel
conservé
Contexte mobilier
sans objet
Chronologie début
Deuxième Age du Fer
Chronologie fin
Haut Empire
Datation initiale
-350
Datation finale
200
Qualification datation initiale
création au plus tôt
Qualification datation finale
terminus ante quem
Type d’étude et de recherche

Localisation
Dénomination

Autres protections (Bobigny)

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