073s052

Environ 500 m2 ont été fouillé dans l’angle formé par le chemin de la Pissotte et le cours du 19e siècle du Sausset. Au 9e siècle, l’espace n’est occupé que par un fossé orienté nord-ouest - sud-est. L’orientation défini par ce fossé perdure aux 9e-10e siècles sous la forme d’une clôture. Aux 11e-12 siècles, un chenal est creusé afin de permettre l’écoulement des eaux du Sausset. Une fosse et quelques trous de poteaux témoignent d’une occupation contemporaine peu caractérisée. A la fin du 12e ou au début du 13e siècle, un bâtiment sur poteaux d’une longueur de 5,50 m, d’une largeur de 3,35 m au nord et 2,75 m au sud est édifié sur la berge, associé à un fossé discontinu. Au 13e siècle, un bâtiment de facture similaire, de 4,50 m de long sur 3,50 m de large s’y substitue. Quelques éléments de clôture y sont associés. Au début du 14e siècle, un mur est édifiée à l’emplacement des constructions en bois du 13e siècle. Son existence est brève : une séquence à dominante cendreuse, attribuable au14e siècle, recouvre son arase. La découverte, au sein de cette séquence, d’une grande quantité de scories de fer témoigne d’une activité métallurgique, sans doute une forge. A la fin du 14e ou au début du 15e siècle, une construction sur solin de pierre est édifiée. Compte tenu des aménagements ultérieurs du terrain, seul son angle nord-ouest a été observé. Un silo, comblé avec des matériaux de démolition sans doute issus de l’arasement de cette construction, lui était associé. Un nouveau bâtiment est édifié dans le second quart du 15e siècle, sur la rive gauche du Sausset dont le lit est à cette occasion déplacé de quelques mètres vers l’Ouest. Il est long de 11,50 m et large de 5,75 m dans l’oeuvre. On y accède par une entrée aménagée dans le mur gouttereau est. A l’intérieur, un mur de refend? divise l’espace en deux pièces de taille inégale, respectivement de 7,50 et 3,50 m de long. La présence dans cette dernière, contre le mur pignon nord, d’une succession de foyers désigne à l’évidence une pièce d’habitation. Larges de 0,60 m, les fondations sont constituées de moellons siliceux grossièrement calibrés et assisés, liés à la terre et se prolongent au-dessus du sol, sur 0,40 m environ, par un solin de même facture. Aucun vestige de l’élévation ne nous a été conservé au-dessus du solin. La présence de nombreux fragments de plâtre dans les remblais de démolition témoigne toutefois de la mise en oeuvre de ce matériau. Le mode de couverture ne nous est pas non plus connu avec certitude. On remarquera cependant que les remblais de démolition ont livré de nombreuses tuiles plates. A la fin du 15e siècle, l’édification d’un second mur de refend divise le plus important des deux volumes de la maison en deux pièces de taille sensiblement égale. L’absence de traces spécifiques d’occupation ne permet pas d’en définir avec certitude la fonction. La morphologie du bâti, l’absence de construction associée au bâtiment mis au jour apparente ce dernier au type des "maisons-bloc" regroupant sous un même toit hommes, bêtes et récoltes. Dans cette perspective, c’est comme étable, bergerie et/ou remise qu’il convient d’interpréter les deux pièces dépourvues de foyer. La maison est abandonnée entre 1490 et 1520, puis réoccupé moyennant d’importantes transformations à la fin du 16e siècle Les élévations, effondrées, sont reconstruites en moellons liés au plâtre et le cloisonnement intérieur modifié : une petite pièce, de 1,80 m de côté, est ainsi aménagé dans l’angle sud-ouest de l’ancienne pièce à vivre tandis que la pièce sud est divisée en deux volumes équivalents. Un sol de plâtre est coulé dans la pièce centrale et dans la pièce sud-ouest, au-dessus des couches de démolition du premier état, l’accès aux pièces nord et sud-est, désormais en léger sous-sol, imposant l’aménagement de quelques marches. La maison s’aggrandit par ailleurs d’un corps de bâtiment formant retour à angle droit. Vers le Nord, cette adjonction a été ultérieurement détruite par un recreusement du lit du ruisseau. Il est néanmoins raisonnable d’envisager que la maison se cale désormais contre le chemin de la Pissotte. Vers l’Est en revanche, l’extension de l’ajonction nous demeure inconnue, le contexte de l’intervention n’ayant pas autorisé ici une extension suffisante de l’aire décapée. De part et d’autre de la cloison qui les sépare, deux des nouvelles pièces ainsi créées sont dotés d’un sol de plâtre coulé. L’une d’entre elle reçoit également un foyer aménagé sur une sole de carreaux de terre cuite et de tuiles disposées de chant. L’existence d’une cheminée au-dessus de ce foyer est probable quoiqu’une telle restitution s’appuie ici, moins sur les données de fouille que sur ce que nous savons de la diffusion de cet équipement dans la maison paysanne. Les deux corps de bâtiments de la demeure enserrent une cour empierrée limitée au sud par un mur et dotée d’un puits dont le cuvelage est constitué de pavés de grès. La "maison-bloc" du 15e siècle s’est transformée en une petite ferme à cour fermée et le bâtiment initial n’a plus qu’une fonction essentiellement résidentielle. En dépit de ces travaux d’importance, la demeure ne connait qu’une brève réoccupation, qui cesse dès le premier quart du 17e siècle Les bâtiments sonts démolis et leurs matériaux pour la plupart récupérés. Les ruines sont alors rapidement noyés sous un apport de limons de plateau colluvionés, mobilisés par le ruissellement qui affecte les versants du vallon.

Organisme
Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Date de rédaction
29/10/1995
Code site
073s052
Date de découverte ou d'enquête
1992
Source
carte archéologique départementale
État de découverte
structuré
Niveau d'interprétation
site fonctionnel
Précision emprise
localisation et extension connues
Qualification de datation
période(s) d'occupation
Appréciation de localisation
1/2500
Nature du site
enfoui
État actuel
détruit
Structures
construction (4) ; mur ; fosse ; fossé ; puit ; aménagement de lit
Présence de mobilier
True
Contexte mobilier
associé aux structures
Chronologie début
Haut Moyen Age
Chronologie fin
Epoque moderne
Datation initiale
801
Datation finale
1630
Qualification datation initiale
création au plus tôt
Qualification datation finale
terminus ante quem

Illustrations

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Fragments d’ardoise portant des lignes géométriques et des graffitis

Fragments d’ardoise portant des lignes géométriques et des graffitis ; moyen age ; bas moyen age ; (...)
N° 3305 - jpg - 600 × 400 pixels Détails
Crédits Photo Emmanuelle Jacquot © Département de la Seine-Saint-Denis
Dimensions 600 × 400 pixels
Résolution 0.2 Mpx
Poids 9.8 ko
Date 12 décembre 2005
Fichier 3305_pleinecran.jpg

Fragment de pichet ornée d’une fleur, peut-être une marguerite, type Ravoire A162

Fragment de pichet ornée d’une fleur, peut-être une marguerite, type Ravoire A162 ; terre cuite ; (...)
N° 3306 - jpg - 600 × 400 pixels Détails
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Date 12 décembre 2005
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Fragment de plat à décor a sgrafiatto sur engobe et glaçure verte type Ravoire N2532

Fragment de plat à décor a sgrafiatto sur engobe et glaçure verte type Ravoire N2532 ; terre cuite (...)
N° 3307 - jpg - 600 × 400 pixels Détails
Crédits Photo Emmanuelle Jacquot © Département de la Seine-Saint-Denis
Dimensions 600 × 400 pixels
Résolution 0.2 Mpx
Poids 9.8 ko
Date 12 décembre 2005
Fichier 3307_pleinecran.jpg

Plan des deux états successifs de la maison

Plan des deux états successifs de la maison ; moyen age ; bas moyen age ; époque moderne ; 15e (...)
N° 5219 - jpg - 600 × 403 pixels Détails
Crédits Dess. I. Lafarge © Département de la Seine-Saint-Denis
Dimensions 600 × 403 pixels
Résolution 0.2 Mpx
Poids 9.8 ko
Date 26 juin 2006
Fichier 5219_pleinecran.jpg

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Type d’étude et de recherche

Localisation
  • chemin de la Pissotte
Dénomination

Autres protections (Tremblay-en-France)

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Notices liées