Abbaye de Saint-Denis

Abbaye de Saint-Denis

par Claude Héron, Jannie Mayer, Michaël Wyss

Depuis le milieu du 7e siècle, la communauté des frères installée auprès du mausolée édifié sur la tombe de saint Denis est assujettie à une vie régulière dont l’observance a eté plus ou moins respectée. Réformé successivement par les abbés Waldo (806-813), Hilduin en 899, Odilon de Cluny (1005-1008), Vivien (1008-1031), Suger en 1137 et les mauristes en 1633, le monastère de Saint-Denis suit la règle de saint Benoît que les papes rendirent moins contraignante. L’estimation de l’importance de la communauté pratiquant la prière perpétuelle est controversée, les moines de Saint- Denis ayan,t semble-t-il peu donné suite à cet office souhaité par Dagobert Ier (629-639) et Clovis Il (639-657). En 832, la mense conventuelle est censée subvenir aux besoins de 150 moines, de leurs serviteurs et des hôtes de l’abbaye. Cinq ans après, une liste des moines vivant à Saint-Denis cite 12 noms. Le 13 avril 1 295 le pape Boniface VIII fixe à 200 le nombre maximal de religieux pouvant être admis à l’abbaye de Saint-Denis, mais ce nombre ne fut probablement jamais atteint. Un siècle plus tard, le Livre vert de Saint-Denis précise que leur nombre doit s’élever à 150 mais qu’ils ne sont plus que 128 dont 70 résidant à Saint-Denis, 10 à Paris et le reste dans les prieurés. Au moment de la dernière réforme, le monastère, qui ne compte plus que 52 religieux, accueille 34 religieux de la congrégation de Saint-Maur.
Une description de la basilique datée 799 distingue l’église abbatiale, basilica ou ecclesia, des bâtiments conventuels, monasterium. En 862, un acte de Charles le Chauve cite quelques composantes du monastère sans les décrire : un réfectoire, un dortoir, un vestiaire, une salle chauffée, une cuisine, un noviciat, des bains, des ateliers, une boulangerie et un cellier. En 875, le même roi abandonne aux religieux la villa de Rueil à charge de placer 15 lampes en trois groupes au réfectoire, ou elles seront allumées quand il sera besoin. Le monastère est également un centre d’accueil comme en témoignent l’hospice, mentionné dans les Gesta Dagoberti regis, ou l’hôpital des pauvres, cité avec l’hôtellerie dans un diplôme de Charles le Simple en 898.
Les sources écrites ne font pas état de l’organisation spatiale de ces bâtiments qui s élevaient aux de l’abbatiale ; pourtant, en proposant de reconnaître, au nord de l’église, les vestiges d’un palais carolingien, l’archéologie soulève le problème de l’extension du monastère du Haut Moyen Age. Il faut également observer que des bâtiments du monastère pouvaient être distants de l’église abbatiale. Ce fait est assuré pont les deux sanctuaires de Sain-tMartin et Saint-Denis-de-l’Estrée, situés à 600 m à l’ouest, le long de la voie antique : le premier, désigné au début du 11e siècle, comme un petit monastère, monasteriolum, est alors destiné aux religieux malades ; le second, bientôt érigé en prieuré, abrite une école.
D’après le testament de Suger daté du 17 juin 1137, le chantier de l’abbatiale, alors en cours, comprenait également la construction de l’hôtellerie ainsi que la rénovation du dortoir et du réfectoire.Au début du 14e siècle après une période prospère qui s’est traduire par la reconstruction de la plupart des bâtiments communautaires, le monastère est à son apogée. Son aspect devait alors se rapprocher de celui que le Monasticon Gallican inn figurera à la fin du 17e siècle. Quant à la gestion et à l’administration de l’abbaye, elles sont assurées par l’abbé, secondé de plusieurs dizaines d’officiers, véritables dignitaires ecclésiastiques qui demeurent habituellement dans l’enceinte monastique, en leur logis particulier. Les comptes de la commanderie des 13e et 14e siècles témoignent de la multitude des bâtiment qui s’organisent autour de plusieurs cours ou cloîtres.
Très éprouvée par l’occupation anglaise lors de la guerre de Cent Ans, l’abbaye décline dans le courant du 15e siècle. Après le concordat de 1516, la communauté passe sous le régime de la commende ; dorénavant, le roi désigne comme abbé une personnalité de son entourage. Ainsi, jusqu’en 1679, se succèdent à la tête de l’abbaye de grands personnages dont la présence se manifeste par le développement monumental du palais abbatial. En 1633, l’abbaye est investie par des moines dont le supérieur général réside à Saint-Germain-des-Prés. L’ordonnance promulguée à cette occasion stipule que " Seront delaissez ausdits Religieux reformez l’Eglise haute & basse de ladite Abbaye, la Chapelle nostre Dame & celle de Valois, la Sacristie & ornemens appartenans a icelle, les Reliques, tant celles du Tresor que autres, ensemble le Tresor des Chartres, en ce qui a accoustumé d’estre gardé par les Religieux anciens, les chambres de present occupées par le Chevecier entre l’Eglise & le Dortoir, le Cloistre, le Chapitre, les Parloirs & Parlement, le grand & petit Dortoir, le Convent d’en haut, le refectoire, la cuisine, les greniers, caves & celliers, à present tenus par le Commandeur, le jardin de la Cousture, l’une des portes principales de l’Abbaye, l’autre demeurant pour l’usage des anciens Religieux, & generalement tous les lieux reguliers". Quant au grand prieur, aux officiers et anciens religieux au nombre de cinquante-deux, ils retiendront "leurs logemens ordinaires & accoustumez hors des lieux necessaires pour la regularité ; & ceux qui logent à present dans lesdits lieux reguliers, seront assignez autres logemens les plus commodes que faire se pourra (...)". Le"Pourtraict de la ville Sainct Denis en France" de Belleforest en 1575, la vue de l’abbaye du Monasticon Gallicanum de dom Michel Germain en 1690, les plans de Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte vers 1700 figurent, outre les bâtiments abbatiaux, les vastes jardins situés en deça et au-delà de l’enceinte, notamment le clos de la Couture. Celui-ci est attesté dans les comptes de la commanderie en 1298-1299. La fortification de la ville, à partir de 1356, le rejette à l’extérieur de l’enceinte. En 1590, les murs de la Couture sont abbatus et on remplit de terrasse la porte aux Pois. En 1682, une muraille est refaite autour de la Couture. Une petite tour, dite Tournelle Saint-Louis est mentionnée en 1360 ; en 1575, Belleforest la localise à l’angle nord-est du clos. En 1740, le plan terrier de la seigneurie de La Courneuve figure, au fond de la Couture, ouvrant? vers La Courneuve, une porte qui tire son nom de la peinture de ses vantaux. En 1771, on lui installe les vanatux gris de la porte du parvis de l’abbatiale.
L’abbaye de SaintDenis sort très éprouvée de la commende et des guerres de Religion. La réforme mauriste lui est imposée par une sentence du Conseil d’Etat du 21 juillet 1633 et dès le mois suivant, les moines de la nouvelle congrégation prennent possession des lieux. En 1686, sa mense abbatiale est unie à celle de la nouvelle fondation royale de Saint-Cyr et l’abbaye perd une partie de ses revenus. En 1691 la dignité et le titre d’abbé sont supprimés au profit de Saint-Cyr. Ces événements expliquent en partie le retard avec lequel on entreprend la reconstruction des bâtiments dans le goût du temps. Cette reconstruction, qui s’inscrit dans le grand renouveau architectural monastique des 17e et 18e siècle est due à la ténacité de dom Arnoult de Loo, grand prieur de 1696 à 1702 et de 1708 à 1711, date à laquelle il devient supérieur de la congrégation. Dès son arrivée à Saint-Denis, dom de Loo pratique une politique d’achat de terrains - logis abbatial, terrains au sud du couvent et en1698 il s’adresse à Robert de Cotte, futur Premier architecte du roi, pour établir les plans de la nouvelle abbaye, Ce vaste projet, qui entraîne la destruction des bâtiments existants - à l’exception de la porte de l’Abbaye - est critiqué par une partie de la communauté. Dom de Loo s’adresse alors au roi qui le reçoit à Versailles le 6 juillet. Le projet est enfin accepté par le chapître général à la fin de 1699.
Le projet de Robert de Cotte se présente comme un grand quadrilatère se développant autour d’un cloître? avec deux ailes en retour au sud. Dans les angles formés par ces ailes l’architecte place, comme Mansart aux Invalides, deux pavillons en hors oeuvre (cuisine et escalier du dortoir). Il établit un parterre devant l’aile est. Ce parti est conforme à la tradition monastique, par ses bâtiments se développant autour d’un cloître, et à l’esprit classique, par sa régularité. Par son ampleur, enfin, il résout la double fonction du lieu, abbaye et palais. Il implante à l’est la salle capitulaire et de grande s salles pour les cérémonies, au sud le réfectoire, à l’ouest, face à la ville, l‘hôtellerie. L’étage est réservé aux dortoirs, qui prennent des dimensions considérables, aux chambres d’hôtes et à la bibliothèque. Les élévations est et ouest, où dominent les lignes horizontales, sont traitées selon le même schéma : rez-de-chaussée à arcades en plein cintre sommées d’agrafes, surmontées de tables et d’un étage de fenêtres, Leur décoration est réduire au minimum, Les façades du réfectoire et du cloître sont scandés de puissants contreforts. L’influence versaillaise, sensible dans les élévations, est encore plus nette dans le décor architectural des passages et du cloître qui reprennent le rythme de la galerie? des glaces : arcatures aveugles en plein cintre surmontées d’agrafes, cantonnées par des pilastres à chapiteaux toscans sur lesquelles retombent les doubleaux des voûtes. Les salles des ailes est et sud sont couvertes de voûtes en berceau? scandées par des doubleaux retombant sur de grosses consoles sculptées de feuillages. L’austérité actuelle de ces salles était tempérée par la présence de boiseries et de tableaux. Les travaux débutent le 29 avril 1700 par la destruction d’une partie des bâtiments situés à l’est. Ils sont interrompus en 1702 avec le départ du grand prieur. Ils reprennent en 1707 et sont menés activement. En 1710, l’aile orientale est hors d’eau, et de 1711 à 1714, on travaille à sa décoration intérieure. En 1711, on jette les fondations du réfectoire qui est couvert en 171 5 et inauguré en 1720. Les travaux intérieurs se poursuivent jusqu’en 1725. le chantier s’arrête alors par manque de ressources. Il reprend en 1737. Dom Castel souhaite mettre au jour la façade occidentale et l’ouvrir vers la ville en supprimant la porte fortifiée de l’abbaye et de l’enceinte médiévale, qu’il veut remplacer par une grille. IL demande à l’architecte Charles Bonhomme de modifier le projet de Robert de Cotte en ce sens. Bonhomme propose d’agrémenter l’aile ouest d’un avant-corps central à pans coupés ; Jacques Gabriel met au net ce dessin et le signe. Les travaux débutent en 1738. Ils sont conduits à l’économie, sans réelle surveillance, et en 1739 de graves désordres apparaissent dans les maçonneries. Gabriel entreprend quelques travaux de renforcement, en particulier la suppression des colonnes du vestibule du premier étage qui portaient à faux sur le rez-de-chaussée, mais en 1741 le chantier est interrompu. Seule la partie sud de l’aile est élevée. En 1741, Nicolas-Sébastien Adam sculpte le fronton du pavillon? sud-ouest. Cette œuvre pleine de mouvement apporte une note baroque à cette façade.
Une dernière campagne de travaux - 1752-1754 - permet l’achèvement de l’aile ouest, la réalisation de la galerie nord et la liaison avec l’église. C’est un certain Bayeux, architecte, qui conduira ces travaux. Le décor intérieur aussi a été mis au goût du jour : la coquille rocaille et la flore sont partout présentes, elles ornent le grand escalier ouest et le salon des Princes du Sang dans le pavillon sud-ouest.
Robert de Cotte prévoyait deux entrées pour l’abbaye : l’une par la porte de l’Abbaye, l’autre, pour les hôtes, devant le pavillon nord de l’aile ouest, où il avait dessiné une cour fermée dans l’esprit de celle qu’il réalisera plus tard à l’évêché de Verdun. Le changement d’axe de la composition en 1737 impose la modification de ce projet et a donné lieu à de nombreuses propositions pour l’aménagement de la cour d’entrée.
En 1738, Gabriel propose trois projets schématiques qui ne sont pas retenus. Ce n’est qu’en 1774 que le prieur dom Boudier décide d’achever l’abbaye et demande à trois architectes, Samson-Nicolas Lenoir, François Franque et Charles de Wailly, de dresser des projets pour la nouvelle cour d’entrée. Dom Boudier souhaite que le comte d’Angivillier, surintendant des Bâtiments du roi, examine ces propositions. Celui-ci se rend àSaint-Denis en avril 1776, accompagné de Wareler, Pierre et Soufflor, membres de l’Académie d’architecture, pour examiner les lieux. Leur choix se porte sur un des projets de Franque. Mais le grand prieur ne suit pas cet avis, prétextant le coût trop élevé de ce projet. Ce sera finalement l’un des projets de Wailly qui sera retenu.
Les travaux débutent en 1778 par la destruction des anciens bâtiments. Le plan de Waillv se limite à deux ailes en fer à cheval, sans cours annexes, de part et d’autre d’un portail central en arc de triomphe. Les élévations des bâtiments sont une succession d’arcades en plein cintre et s’accordent parfaitement avec les façades dessinées par Robert de Cotte. La cour d’entrée est achevée en 1781. Ainsi, malgré quatre-vingts ans de travaux, le décor de l’abbaye est d’une étonnante homogénéité.
En 1790 l’abbaye devient un dépôt de farine et des moulins sont installés au rez-de-chaussée. En 1791 elle est occupée par les bureaux du district de Franciade (nom de Saint-Denis sous la Révolution) et en 1795 transformée en hôpital militaire. C’est de cette époque que datent les plus importantes dégradations : suppression des cellules, disparition des ferronneries et des boiseries. Le bâtiment sera sauvé par la décision de Napoléon Ier d’y installer, en 1809, la seconde maison d’éducation de la Légion d’honneur.
Les sources relatives aux abords nord de l’abbatiale sont peu nombreuses, notamment en ce qui concerne la nécropole ad sanctos. Seuls les Miracula Sancti Dionysii, rédigés en 834, signalent qu’un chevalier de Pépin le Bref fut inhumé clans l’église Saint-Pierre. Les sources insistent davantage sur l’aspect juridique et sur la nature architecturale des abords de l’église abbatiale. Dans plusieurs textes du 7e siècle, il est question d’un atrium? : le 27 septembre 626 ou 627, lors du concile de Clichy, 42 se réunissent en une église dédiée à la Vierge située dans l’atrium de Saint-Denis. Cet atrium abrite également la demeure des matricularii ou pauvres employés comme serviteurs pour l’entretien de l’église. La Vie de saint Eloi rapporte qu’Eloi, passant de l’église à l’atrium, aperçoit un paralytique gisant contre la tombe de saint Denis. De manière plus générale, la description de la basilique datée de 799 confirme l’existence d’autres églises à l’intérieur du monastère. La même source suggère la présence d’un porche ou de portiques attenants a l’église abbatiale. Peu après, une épigraphe de l’abbé Fardulfe atteste l’existence d’une église dédiée à saint Jean-Baptiste, "précurseur du Seigneur". En 1138, Suger localisera cette église dans le cimetière. Quant à l’extérieur de l’église abbatiale, les Miracles de saint Denis parlent de vestibule, de portique et .d’atrium. ce dernier terme désigne l’enclos consacré en face ou tout autour d’une église. En conséquence, l’immunité accordée à l’église comprend l’atrium. Pour Suger, le terme correspond à l’aître, le grand cimetière au nord de l’abbatiale.
L’abbatiale reconstruite par Fulrad comprend outre un atrium, un porche ou des portiques et un vestibule. L’acception de chacun de ces termes est à établir. Aussi ces textes ont-ils été diversement interprétés par les chercheurs pour restitue, à l’entrée de l’église, une cour entourée de portique ou une avant-nef comme à Saint-Germain d’Auxerre. Les détails fournis par Suger relatifs à l’augmentum, l’agrandissement de Charlemagne ne permettent pas de résoudre cette question.
Quant à la nécropole, elle est reconnue au nord de l’abbatiale sur une superficie d’environ un hectare, même si on ne peut exclure qu’elle se soit également étendue au sud, entre celle-ci et les bâtiments communautaires. Au nord, la nécropole s’étend ponctuellement au-delà des églises secondaires. Les origines de cette nécropole demeurent problématiques. On sait que la vocation funéraire du site de la basilique remonte au Bas Empire. S’il est indéniable que le développement de la nécropole de Saint-Denis soit dû à la présence de la tombe du martyr, en revanche la localisation de cette dernière reste encore sujette a caution. En effet, la « fosse des martyrs » découverte en 1957 à l’intérieur de l’abside mérovingienne de l’abbatiale attend toujours un examen archéologique, seul susceptible de prouver s’il s’agit d’une véritable fosse d’exhumation.A une cinquantaine de mètres an nord-est de la basilique, un groupe de sépultures du Bas-Empire reste pour l’instant isolé. Cette aire funéraire est abandonnée au 5e siècle. Après un apport de terre, le site est réoccupé, comme en témoignent plusieurs foyers et fosses à déchets domestiques. Une première limite, vraisemblablement matérialisée par une palissade, sépare cette zone d’habitat, au nord, d’un espace qui paraît vide toute trace d’occupation, an sud. Dans le courant du 6e siècle, la construction de l’église Saint-Pierre perpétue l’orientation de cette limite. A une trentaine de mètres à l’ouest, une deuxième église, connue au Moyen Age sous le vocable de Saint-Barthélemv, est édifiée au détriment d’un atelier de fondeurs du 6e ou du début du 7e siècle. La construction de ces deux églises va dans le sens d’une croissance continue de la nécropole vers le nord. Des inhumations en sarcophages s’établissent autour de l’église Saint-Barthélémy. Si, dans la basilique, les sarcophages sont exclusivement en pierre, dans la nécropole extérieure au bâtiment ils sont quasiment tous en plâtre. Il s agit des produits d’une fabrication en série : les cuves de plâtres, souvent décorées, sont moulées d’une pièce, probablement dans un atelier limitrophe du cimetière, à l’aide d’un double coffrage extérieur et intérieur. Certains moules sont tirés à plusieurs dizaines d’exemplaires. Transportés d’une seule pièce les sarcophages sont enfouis sur le champ funéraire et dans les églises en rangées plus on moins rigoureuses. La juxtaposition des cuves trapézoïdale entraîne une disposition en éventail ; aussi l’orientation est-ouest des sépultures n’est-elle que très grossièrement respectée. Le rare matériel funéraire peut être attribué à la fin du 6e et au 7e siècle. L’étude anthropologique montre une nette prépondérance des sujets de sexe masculin (sur 105 individus, on compte 71 hommes et 29 femmes), présentant les signes de conditions de vie privilégiées (faible mortalité en bas âge). Il est donc possible que la population inhumée aux abords de la basilique soit plus particulièrement constituée de religieux : un indice en ce sens est fourni par une inscription à l’intérieur d’un sarcophage identifiant le défunt au moine Hunus.
Le cimetière qui, au Moyen Age, s’étend au nord de l‘abbatiale est le prolongement de la nécropole du Haut Moyen Age. En 1229, l’acte constitutif de la confrérie de saint Denis établi par l’abbé Eudes Clément différencie les sépultures enterrées "en nostre aitre ou en l’aitre monseigneur saint Denys qui est commun a la ville". Cependant, on ignore si la séparation des deux aires funéraires est matérialisée à la surface par une clôture. En 1575, le "Pourtaict de la ville Sainct Denis en France" de Belleforest figure un espace découvert et ceinturé d’édifices religieux et civils. Su ce même document, le cimetière apparaît comme une place intégrée au dispositif viaire de la ville, puisque entre les édifices sont ménagées des portes d’où partent les voies radiales du bourg.
L’étude du cimetière, qui entre 1979 et 1992, a permis la mise au jour de plus d’un millier de sépultures a montré une très forte concentration des tombes, les corps se superposant sur une hauteur pouvant atteindre 2 m. L’examen anthropologique effectué pour les premières des 46 phases d’occupation mis en évidence pour la période allant du 7e au début du 15e siècle restitue une population équilibrée, soit 78 hommes et 48 femmes sur 157 individus. Tout au long du Moyen Age, le cimetière semble conserver des tombes organisées en rangées plus ou moins régulières, ménageant des espaces de circulation et permettant de garantir le respect des sépultures. Lorsque la surface est saturée, le sol est réhaussé par un apport de terre et une nouvelle organisation est mise en place. A partir de la fin du Haut Moyen Age, la typologie des tombes se diversifie. L’emploi des sarcophages de plâtre cesse vers le début du 8e siècle ; ils sont remplacés par des tombes construites dans la fosse d’inhumation avec des parois de maçonnerie ou des coffrages en bois. L’apparition de cercueils cloués ou chevillés n’est pas antérieures à la fin du 13e siècle.

Organisme
Unité d'archéologie de Saint-Denis
Date de rédaction
11/01/2004
Code site
066s021
Date de découverte ou d'enquête
1996
Code Mérimée
PA00079951
État de découverte
structuré
Niveau d'interprétation
site fonctionnel
Précision emprise
localisation et extension connues
Qualification de datation
période(s) d'occupation
Appréciation de localisation
1/2000
Nature du site
en surface
État actuel
conservé
Contexte mobilier
associé aux structures
Chronologie début
Haut Moyen Age
Chronologie fin
Epoque contemporaine
Datation initiale
551
Qualification datation initiale
création au plus tôt

Illustrations

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Date 20 mars 2006
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Type d’étude et de recherche

Localisation
  • "Vue de l’abbaye de Saint-Denis prise au Nord hors de la ville et près de l’avenüe"
    "Vue de l’abbaye de Saint-Denis prise au Nord hors de la ville et près de l’avenüe" ; état époque contemporaine ; 1ère moitié 19e siècle ; avant 1837.
    © Département de la Seine-Saint-Denis
  • "Abbaye de Saint-Denis", vue vers le Sud-Ouest de la ville et de l’église abbatiale Saint-Denis depuis le chemin de La Courneuve, à la hauteur du Pont Buleteau, le long du mur de la Ccouture de l’abbaye
    "Abbaye de Saint-Denis", vue vers le Sud-Ouest de la ville et de l’église abbatiale Saint-Denis depuis le chemin de La Courneuve, à la hauteur du Pont Buleteau, le long du mur de la Ccouture de l’abbaye ; état époque contemporaine ; milieu 19e siècle.
    © Département de la Seine-Saint-Denis
  • "9. Saint-Denis - La Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue de la façade dûe à Wailly
    "9. Saint-Denis - La Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue de la façade dûe à Wailly ; époque moderne ; 4e quart 18e siècle (1778-1781).
    © Département de la Seine-Saint-Denis
  • "64. Saint-Denis. - Maison de la Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue de la façade dûe à Wailly
    "64. Saint-Denis. - Maison de la Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue de la façade dûe à Wailly ; époque moderne ; 4e quart 18e siècle (1778-1781).
    © Département de la Seine-Saint-Denis
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    "1110. Saint-Denis. La Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue de la façade dûe à Wailly ; époque moderne ; 4e quart 18e siècle ; 1781-1784.
    © Département de la Seine-Saint-Denis
  • "Pourtraict de la ville Sainct Denis en France" (détail)
    "Pourtraict de la ville Sainct Denis en France" (détail) ; vue de la Couture de l’Abbaye ; état époque moderne ; 4e quart 16e siècle ; 1575. En haut à droite, légendée t, la tournelle Saint-Louis.
    © Département de la Seine-Saint-Denis
  • "Saint-Denis - La Maison d’éducation de la Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue vers le Sud-Est de la galerie? ouest du cloître?, de la cour d’’entrée et de la façade
    "Saint-Denis - La Maison d’éducation de la Légion d’Honneur", abbaye de Saint-Denis, vue vers le Sud-Est de la galerie? ? ouest du cloître? ?, de la cour d’’entrée et de la façade ; époque moderne ; milieu 18e siècle ; 1737 -1754 (aile ouest) ; 4e quart 18e siècle ; 1778-1781 (cour d’entrée et façade).
    © Département de la Seine-Saint-Denis
  • Abbaye de Saint-Denis, vue de la glacière construite par les religieux dans le cimetière des Valois
    Abbaye de Saint-Denis, vue de la glacière construite par les religieux dans le cimetière des Valois ; époque moderne ; 3e quart 18e siècle ; 1771.
    © Archives nationales
Dénomination

Protections documentées
Nom d’usage : Maison d'éducation de la Légion d'Honneur, ancienne abbaye de Saint-Denis
Mode : classement MH
Date de mise en place : 1927/06/19
Objet de la protection : Ensemble de l'édifice avec le parc.
Nom d’usage : Église des Trois Patrons
Mode : inscription MH
Date de mise en place : 1952/06/05
Objet de la protection : Ruine de l'église et cimetière sur parcelles cadastrales AL19, AL20.
Notices liées

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