Fonderie Blanchet-Landowski

Fonderie Blanchet-Landowski

Blanchet-Landowski

21 novembre 2018 , par Antoine Furio

Implantée à Bagnolet au début des années 1910, la fonderie Blanchet-Landowski est une des plus anciennes entreprises de la ville. Si son actuelle renommée repose sur sa fonderie d’art mise au service des créations d’artistes (Bernard Buffet, César, Igor Ustinov, Etienne) ou de trophées célèbres (Molière, Sept d’or), son activité principale fut jusqu’au début des années 1960 la fabrication de cloche. Son fondateur, Armand Blanchet, ingénieur des Arts et Manufactures, acquiert une ancienne fonderie de cloche située à Paris au 237, rue Saint-Martin dans le troisième arrondissement. Les bureaux et magasin d’exposition restant sur la capitale, un nouvel atelier est édifié à Bagnolet par Georges Boulnois, architecte local. L’activité modeste à ses début ne nécessite qu’une construction sommaire abritant un seul four. En dix ans la fabrication de cloches semble s’être suffisamment développée pour que Blanchet quadruple la superficie de son établissement, passant de 350 m² à 1400m². Un tiers de la surface, à l’angle des rues Gambetta et Hoche, apparaît comme "jardins ouvriers de l’usine" (aujourd’hui disparus), pratique paternaliste surprenante mais qui rapprochée des espaces dédiés au "jardin du directeur " et du "poulailler" révèle une volonté de cohésion sociale au sein de cette communauté d’artisans fondeurs. Les procédés de fabrication des cloches n’ont pas été modernisé, Blanchet pratiquant toujours la fonte au sable, mais les moyens de production ce sont multipliés pour répondre aux commandes. Dans le grand atelier de fonderie associant maçonnerie de brique, charpente en bois et éclairé par un lanterneau? , trois ponts roulants permettent le déplacement des matériaux entre les réserves à sables, les six tables à moule et les cinq fours. De nouvelles constructions seront édifiées entre 1922 et 1939, suivant la croissance de la production pour répondre au regroupement à Bagnolet des services administratifs maintenus jusqu’ici à Paris. Les ateliers réalisés par Louis Pensée dans le prolongement de ceux existants reprennent les principes constructifs des précédents, y compris le bâtiment de bureaux installé sur rue et flanqué de l’élégante inscription dans un cartouche de ciment "fonderie de cloche". La période de l’entre-deux-guerres est la plus faste pour la fonderie. Blanchet reçoit de nombreuses commandes payées sur les réparations dues à la France par l’Allemagne, dont la cloche des 400 000 morts de Verdun de la tour de l’ossuaire de Douamont. Le rayonnement de l’entreprise dépasse la région parisienne et de nombreuses réalisations se retrouvent dans le nord et l’est de la France. La présentation aux côtés de l’architecte Julien Polti (ACMH en 1923) d’un beffroi électrique à l’Exposition internationale des Arts décoratifs tenue à Paris en 1925 n’est probablement pas étrangère à ce succès. A cela s’ajoute au début des années 1930 l’association d’Armand Blanchet à Robert Landowsky, ingénieur de l’École des Travaux Publics et concepteurs de beffrois, qui insuffle une nouvelle dynamique à l’entreprise. La production se diversifie en ajoutant à la fonderie de bronzes, d’autres métaux et alliages, puis par une ouverture à d’autres types de produits initiant les orientations actuelles de l’entreprise en faveur de la fonderie d’art. Le successeur Didier Landowski a ouvert les nouveaux marchés auprès de la monnaie de Paris ou de commande plus monumentale telle la statue de Jean Moulin réalisée par Courbier et exposé à Salon de Provence. L’évolution des activités, notamment le développement de la fonte à cire perdue (95% de la production), ne s’est que peu répercutée sur la physionomie du site. Malgré le comblement de la cour centrale autour de laquelle sont organisés ateliers, magasins et bureaux, il a conservé son caractère artisanal pittoresque. La production s’effectue encore en 2007 dans les premières constructions faites de briques et de bois.

Organisme
service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Date de rédaction
2005
Code site
006inv030
Date de découverte ou d'enquête
2005
Source
inventaire départemental
Précision dénomination
fonderie de cloches
Auteur
Georges Boulnois (architecte) ; Louis Pensée (architecte)
Qualification de datation
campagne(s) de construction
Parties constituantes
ateliers de fabrication; bureaux; logement; magasins; entrepôts
Date initiale
1900
Date de fin
1924
Intérêt
très intéressant

Illustrations

Blanchet-Landowski - Bagnolet

N° 11335 - jpg - 600 × 450 pixels Détails
Crédits Photo Antoine Furio © Département de la Seine-Saint-Denis
Dimensions 600 × 450 pixels
Résolution 0.3 Mpx
Poids 9.8 ko
Date 15 octobre 2006
Fichier 11335_pleinecran.jpg

Blanchet-Landowski - Bagnolet

N° 11336 - jpg - 600 × 311 pixels Détails
Crédits Photo Antoine Furio © Département de la Seine-Saint-Denis
Dimensions 600 × 311 pixels
Résolution 0.2 Mpx
Poids 9.8 ko
Date 15 octobre 2006
Fichier 11336_pleinecran.jpg

Blanchet-Landowski - Bagnolet

N° 11337 - jpg - 600 × 421 pixels Détails
Crédits Photo Antoine Furio © Département de la Seine-Saint-Denis
Dimensions 600 × 421 pixels
Résolution 0.3 Mpx
Poids 9.8 ko
Date 15 octobre 2006
Fichier 11337_pleinecran.jpg
Type d’étude et de recherche

Localisation
  • 1 rue Danton
  • Blanchet-Landowski - Bagnolet
    Photo Antoine Furio © Département de la Seine-Saint-Denis
  • Blanchet-Landowski - Bagnolet
    Photo Antoine Furio © Département de la Seine-Saint-Denis
  • Blanchet-Landowski - Bagnolet
    Photo Antoine Furio © Département de la Seine-Saint-Denis
Chronologies

Dénomination

Autres protections (Bagnolet)