Ensemble de logements Castors avenue Faidherbe

Ensemble de logements Castors avenue Faidherbe

19 novembre 2018 , par Camille Bouillon, Hélène Caroux

L’ensemble de logements du 13 avenue Faidherbe est la deuxième "cité Castor" réalisée à Montreuil après celle du Clair Logis. Comme cette dernière, l’opération consiste en la construction d’immeubles collectifs mais situés cette fois au nord de la commune sur un ancien verger de pèches. Le projet remonterait à 1952 et est à l’initiative d’André Morel, entrepreneur de chauffage-plomberie à Montreuil ainsi qu’à celle de militants SFIO soucieux d’améliorer la situation des nombreuses familles mal-logées de cette ville. Ils fondent le 20 avril 1953 l’association "Les castors du canton de Montreuil" dont André Morel est le président et le bureau composé de différents membres dont certains sont employés de Mairie à Montreuil, comptable ou administrateur des PTT.
Cette association a pour but de "coordonner et de promouvoir un ensemble d’efforts permettant aux chefs de famille [...] d’accéder à la propriété d’une habitation, en participant de leurs propres mains à sa construction".
Les premiers adhérents actifs sont au nombre de 60 correspondant aux soixante familles réunies pour mener à bien la première opération de ce type de cette association. Toujours selon la "formule castors", clle-ci réalisera à Montreuil la Résidence André Morel etLa Renardière.

Le terrain avait été acheté dès février 1953, le chantier démarre en août 1953 et dure 17 mois. André Morel met en place le système qu’il va utiliser par la suite pour les deux autres opérations Castors à Montreuil (Résidence André Morel, et la Renardière). Ayant l’expérience du bâtiment, il fait appel à une entreprise spécialisée pour le gros œuvre, les Castors assurant la main d’œuvre (fondations, tout à l’égout, aménagements extérieurs et intérieurs). Les appartements sont livrés « bruts », charge aux Castors de s’occuper des finitions (peintures, parquets…) représentant l’équivalent de 150 heures sur le chantier. Il est à préciser que d’un point de vue financier, l’estimation de 2500000 (anciens) francs par logement de 4 pièces faite au début de l’opération par les maîtres d’ouvrage n’a pas été dépassée et le chantier n’a pas rencontré de difficulté. D’après l’enquête menée par l’OCIL (Office central interprofessionnel de logement en charge notamment de collecter le 1% patronal) en 1958 auprès des habitants, pas de malfaçons furent à déplorer, exceptées quelques détails comme la mauvaise conception des rebords de fenêtres créant des problèmes de rétention d’eau et donc d’infiltration. Les terrasses durent quant à elles être goudronnées à posteriori à plusieurs reprises pour des raisons thermiques.

La parcelle en longueur amène à disposer les quatre bâtiments parallèlement les uns aux autres et légèrement de biais afin de profiter pleinement de la largeur plus importante qui s’offre vers le fond du terrain. Le nombre des travées des immeubles varie donc, passant de 4 travées pour l’immeuble sur rue à 7 ou 8 en fond de parcelle. De 5 niveaux chacun, ces immeubles possèdent des caves au niveau du sous-sol surélevé permettant ainsi de les éclairer par des fenêtres à claire-voie. Ils comptent des appartements allant de 2 à 4 pièces (10 T2, 40 T3 (56m²), et 10 T4.) accessibles par un ou deux escaliers largement éclairés. La répartition des appartements se fit selon la composition de la famille, puis par tirage au sort.

Édifiés en parpaings de ciment (1m x 0,50m) visibles en façades, chacun des immeubles repose sur un soubassement en moellons et sont surmontés d’un toit terrasse avec acrotère?. Les encadrements des ouvertures seront comme il est courant à l’époque, constitués d’éléments préfabriqués. Le soin apporté par les occupants aux extérieurs en fait encore aujourd’hui un ensemble de logements de qualité. Entre les bâtiments, des zones plantées ont été aménagées, un terrain de pétanque et un séchoir placés en fond de parcelle et enfin des remises et une salle commune ont été construites. Cette dernière qui servait aux enfants « castors » pour se réunir est aujourd’hui utilisée par les copropriétaires et sert de local pour une AMAP.

Plus de cinquante ans après sa construction, cet ensemble de logements « Castor » a conservé l’ensemble des ses caractéristiques. De qualité, tant pour ses façades que pour ses aménagements extérieurs, il est le premier exemple identifié d’immeuble collectif « castor » dans la banlieue du nord-est parisien et figure parmi les opérations les plus intéressantes.

Sources :
- Entretien avec Madame Merlin [juillet 2015], ancienne castor avec son mari, Monsieur Merlin dessinateur industriel et membre du groupe Faidherbe. Ils se lancent dans cette expérience inoubliable et d’un esprit de solidarité qui perdura bien après la fin du chantier. Ils emménagent le 23 octobre 1954 et deviennent propriétaire de leur logement en 1975, après avoir remboursé leur prêt sur 20 ans. Merci à Madame Merlin et à Monsieur Blenne.
- AN 1980340/164. Enquêtes de l’OCIL

Date de construction
1953-1954
Date de rédaction
2015
Code site
048inv080
Date de découverte ou d'enquête
2014
Précision dénomination
Ensemble de logements Castors
Maitre d'ouvrage
Société anonyme coopérative de construction des Castors de Montreuil

Illustrations

Montreuil ; Cité Faidherbe - vue de trois immeubles

N° 1027534 - jpg - 960 × 665 pixels Détails
Crédits Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
Dimensions 960 × 665 pixels
Résolution 0.6 Mpx
Poids 131.1 ko
Date 3 septembre 2018
Fichier img_0315.jpg

Montreuil ; Cité Faidherbe - vue depuis l’avenue

N° 1027535 - jpg - 990 × 663 pixels Détails
Crédits Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
Dimensions 990 × 663 pixels
Résolution 0.7 Mpx
Poids 110.7 ko
Date 3 septembre 2018
Fichier img_0339.jpg

Montreuil ; Cité Faidherbe - vue des deux immeubles en fond de parcelle

Ils possèdent chacun deux escaliers
N° 1027536 - jpg - 806 × 770 pixels Détails
Crédits Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
Dimensions 806 × 770 pixels
Résolution 0.6 Mpx
Poids 110.6 ko
Date 3 septembre 2018
Fichier img_0318_img_0319_.jpg

Montreuil ; Cité Faidherbe - vue de l’arrière d’un des immeubles

N° 1027537 - jpg - 1026 × 684 pixels Détails
Crédits Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
Dimensions 1026 × 684 pixels
Résolution 0.7 Mpx
Poids 149.1 ko
Date 3 septembre 2018
Fichier img_0411.jpg
Type d’étude et de recherche

Localisation
  • 13 avenue Faidherbe
  • Montreuil ; Cité Faidherbe - vue de trois immeubles
    Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
  • Montreuil ; Cité Faidherbe - vue depuis l’avenue
    Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
  • Montreuil ; Cité Faidherbe - vue des deux immeubles en fond de parcelle
    Ils possèdent chacun deux escaliers
    Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
  • Montreuil ; Cité Faidherbe - vue de l’arrière d’un des immeubles
    Photo Guy Bréhinier © Département de la Seine-Saint-Denis, 2015
Chronologies

Dénomination

Auteurs / protagonistes

Autres protections (Montreuil)

0 | 5 | 10 | Tout afficher