Grands Moulins de Pantin

Grands Moulins de Pantin

Abel Stanislas Leblanc, minotier de la Brie, s’intéresse au pain des Parisiens : pionnier de la mécanisation, le notable de Mouroux fait construire en 1882, au seuil de la capitale, entre le canal de l’Ourcq et les voies du chemin de fer de l’est, un moulin équipé de 24 meules. A la mort du fondateur, en 1883, son fils Abel Désiré Leblanc crée avec le meunier Duval la société des Moulins de Pantin et choisit d’adopter, dès 1884, le procédé de la mouture hongroise. En 1915, à la mort d’Abel D. Leblanc, les Grands Moulins de Pantin assurent une production de 600 qx/j et se placent au 7e rang pour l’approvisionnement de la capitale (1er rang, Corbeil, 8 000 qx/j). La construction de l’actuelle minoterie s’explique en grande partie par le contexte de l’après-guerre : la stagnation de la production céréalière française, la lenteur de sa mécanisation, la croissance de la demande urbaine et par suite la cherté des grains encouragent la concentration de l’activité meunière. Après divers legs et achats, l’un des principaux acteurs de cette évolution, la société anonyme de Strasbourg - Port du Rhin (propriétaire des Grands Moulins de Strasbourg) fonde en 1921 la société des Grands Moulins de Pantin-Paris dont elle devient actionnaire majoritaire. D’où le choix de l’architecte strasbourgeois Eugène Haug, successeur de Paul Friesé sur le chantier des Grands Moulins de Corbeil. La construction débute en 1923 par le moulin, suivi en 1924-1926 par un silo à grains de 10 000 qx. Le cabinet Ed. Zublin conçoit en 1927 les quatre premières travées du silo à grains "canal" (70 000 qx), augmenté de trois travées en 1933-1934 et portant la capacité de stockage à 130 000 qx pour une production de 5 000 qx/j. La chaufferie, élevée entre 1924 et 1926, est équipée d’une chaudière de type Babcock et Wilcox (étudiée), et flanquée d’un silo à charbon d’une capacité de 1 200 tonnes. L’ensemble est complété par la construction du quai ferroviaire (1930) et de la "boulangerie" (fournil ou moulin d’essai, 1933). Après l’incendie du 19 août 1944, provoqué par un tir de D.C.A. allemande sur une barge chargée de mines, l’ancien magasin est arasé. Sa reconstruction, entre 1945 et 1948, est confiée à l’architecte Léon Bailly. Le moulin, les silos et la chaufferie sont restaurés. Au cours des années 1950, Léon Bailly conçoit encore la semoulerie (1952), les ateliers et garages, le laboratoire et les nouveaux bureaux (1958-1960, avec Alain Bailly). Au cours des années 1960, l’architecte J. Quost réalise de nouveaux silos : à blé (dits "silos Danton", 1961), à semoule, à farine, et à issues (1969). De 6000 qx/j en 1948, le moulin atteint une production de 15 000 qx/j en 1981, employant jusqu’à 200 ouvriers. Entre 1970 et 1990, les Grands Moulins de Pantin, contraints d’accroître leur productivité face à la concurrence des coopératives sur les marchés à l’exportation, et menacés par la diminution de la consommation de pain en France, s’engagent dans la boulangerie industrielle (marque "Baguépi"), automatisent la production, et réduisent leurs effectifs. En 1980, François Mathieu procède à l’extension du magasin (silos). La semoulerie est fermée en 1985. Racheté par le groupe Soufflet en 1996, l’établissement cesse son activité de meunerie en juin 2001, puis son activité d’ensachage en mars 2004 : les moyens de production sont concentrés sur le site de Corbeil. Vendu au cours de l’été 2004 à un promoteur immobilier, l’ensemble doit être converti, après démolitions partielles, en immeubles de bureaux.
L’établissement est desservi par voie navigable, embranchement ferroviaire et voie particulière. Les bâtiments de production et de stockage, disposés au sud et à l’est de la cour centrale, suggèrent, par leur élévation, la circulation verticale des hommes et des produits : c’est une architecture "parlante", dont les passerelles de liaison horizontale assurent la cohérence et la lisibilité. Le blé, acheminé par le canal, la route ou le rail, est stocké dans le silo "canal". Zublin conçoit un édifice en béton armé paré de brique, composé de sept travées de stockage vertical surmonté d’un étage carré et coiffé d’un toit a croupes culminant à 52,69 m ; le vocabulaire d’inspiration militaire est préféré au principe nouveau de la cellule cylindrique apparente. Lieu de stockage plus récent (1961), le silo "Danton", approvisionné par la route, présente une structure? en béton armé (masquant également les cellules) surmontée d’un toit-terrasse ; il est relié au site principal de l’usine par un système souterrain de bandes transporteuses. Depuis le silo "canal", le blé emprunte une passerelle couverte en béton armé surplombant la chaufferie et rejoint, pour y subir l’avant-nettoyage, le "silo préparation mouture" (premier silo conçu par Eugène Haug). L’élancement vertical de ce silo-forteresse en béton armé paré de brique, haut de 34,39 m, est accentué par la présence, en son sommet, d’une tour coiffée d’un toit à croupes. Un système souterrain de bandes transporteuses le relie au moulin. Retenant le parti de l’architecture régionale alsacienne, le moulin d’Eugène Haug (en béton armé paré de brique, à cinq étages carrés), présente trois étages de combles couverts d’un toit à pans brisés et demi-croupe. La tour carrée de 47 m, portant une horloge sur chacune de ses faces, abrite un escalier tournant et, en son sommet, un château-d’eau ; elle est couverte d’un pavillon? à pans brisé surmonté d’un clocher dressé sur quatre arcs en plein cintre. Séparé verticalement en deux tranches de production – l’une affectée au nettoyage, l’autre à la meunerie – le moulin conserve notamment, outre des machines destinées à la vente (étudiées), un remarquable système d’élévateurs à godets réalisés par les services menuiserie et mécanique de l’entreprise (étudié). Ce bâtiment central est relié au magasin à farine par une passerelle couverte en béton armé portant l’inscription "Grands Moulins de Pantin". Elevé après l’incendie de 1944, ce nouveau magasin reprend le vocabulaire architectural du moulin : béton armé paré de brique, neuf étages carrés, trois de combles, toit à pans brisés. Il conserve trois toboggans métalliques de manutention hélicoïdaux (encore en place), dont l’un, remarquable, est à double hélice. La lecture du process et des bâtiments s’achève avec le chargement des produits : les sacs sont expédiés par wagons et camions ou empruntent la galerie? surmontant le quai de déchargement pour rejoindre le canal. A l’écart, la semoulerie : construite en béton armé et parement? de brique, comprenant cinq étages carrés couverts d’un toit-terrasse, elle présente une succession de larges baies horizontales inspirées de l’architecture industrielle américaine du début du 20e siècle. Les garages et ateliers, en rez-de-chaussée, sont construits en béton armé paré de brique. Le bâtiment administratif d’entreprise, de mêmes matériaux, est à trois étages carrés couverts d’un toit-terrasse. Enfin, la "boulangerie", construite parallèlement aux voies de chemin de fer et marquant ainsi l’entrée du site, offre un corps central à trois étages carrés coiffé d’une corniche? en béton et d’un toit-terrasse ; la façade en parement de brique, dissimulant une structure en béton armé, porte le monogramme "GMPP" (Grands Moulins de Pantin-Paris).
En ce qui concerne la fabrication, "le blé passe d’abord dans différentes machines pour être nettoyé (pierres et grains cassés...), puis il lui faut un temps de repos de 48 heures. Il parcourt les différents étages du moulin en suivant un circuit à travers tuyaux et machines. Le nettoyage du blé se fait au huitième étage, où il est débarrassé des produits ferreux. A l’étage du dessous, l’épointeuse sépare le grain de la balle. Puis, c’est le blutage ou tamisage de la farine, qui se fait dans des machines spéciales appelées plansichter. Les trois opérations de fabrication s’ensuivent : broyage, claquage et convertissage. Les machines qui sont postérieures à la reconstruction de l’usine émettent un bruit assourdissant. Une salle à l’écart est réservée à l’informatique. Les opérations sont gérées par ordinateurs. De ce fait, trois personnes seulement travaillent dans le moulin. L’automatisation très poussée a entraîné une réduction importante du personnel autrefois nécessaire à la bonne marche du moulin. Les silos comprennent 13 étages. Les opérations d’ensachage de la farine y sont effectuées. [...] Une station de mélange des variétés de farines permet de réaliser des produits spécifiques pour la clientèle" (C. Katz).

Date de construction
1923
Organisme
Service du Patrimoine de la Seine-Saint-Denis ; SRI Ile-de-France
Date de rédaction
2003
Code site
055inv029
Date de découverte ou d'enquête
2003
Source
inventaire départemental
Code Mérimée
IA9300003
Auteur
Haug, Zublin (architectes, extensions) ; Bailly Lon (architecte, reconstruction)
Qualification de datation
campagne(s) de construction
Lieu-dit ou quartier
Mairie
Date initiale
1900
Date de fin
1924
Intérêt
remarquable

Illustrations

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le canal de l’Ourcq, les grands moulins de Pantin et la blanchisserie.

le canal de l’Ourcq, les grands moulins de Pantin et la blanchisserie.
N° 25748 - jpg - 600 × 450 pixels Détails
Crédits Catherine Floc'h'Lay/laparisienne de photographie Catherine Floc'h'Lay
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Autre vue des grands moulins prise depuis le canal

Autre vue des grands moulins prise depuis le canal
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Crédits Catherine Floc'h'Lay/laparisienne de photographie Catherine Floc'h'Lay
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rechargement de péniches de rain aux grands moulins de Pantin, vue large du quai.

rechargement de péniches de rain aux grands moulins de Pantin, vue large du (...)
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Tuyaux apirants le grain contenue par les péniches aux grands moulins de Pantin, ouvriers assis sur péniches.

Tuyaux apirants le grain contenue par les péniches aux grands moulins de Pantin, ouvriers assis (...)
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Canal de L’ourcq à Pantin, compagnie asturienne des mines

Canal de L’ourcq à Pantin, compagnie asturienne des mines
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Crédits Catherine Floc'h'Lay/laparisienne de photographie Catherine Floc'h'Lay
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Canal de L’Ourcq, vue générale des grands moulins à Pantin, plan large canal et grand moulins.

Canal de L’Ourcq, vue générale des grands moulins à Pantin, plan large canal et grand (...)
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Crédits Pierre Boucher/la parisienne de photographie Pierre Boucher
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Canal de L’Ourcq à pantin, au loin les grands moulins

Canal de L’Ourcq à pantin, au loin les grands moulins ;
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins Vue vers le nord-est.

Vue aériennne oblique. 1er plan : canal de l’ourcq. 2e plan au centre : grandsmoulins. 3e plan : (...)
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins. Vue vers le nord-est.

Vue aérienne oblique.1er plan : canal de l’ourcq. 2e plan au centre : les grandsmoulins. 3e plan (...)
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins. Vue vers le nord-est.

Vue aérienne oblique.1er plan : canal de l’ourcq. 2e plan au centre : les grandsmoulins. 3e plan (...)
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins. Vue vers le nord-est.

Vue aérienne oblique.1er plan : canal de l’ourcq. 2e plan au centre : les grandsmoulins. 3e plan (...)
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins

Vue aériennne oblique.1er plan : passage de l’avenue du général Leclerc sur le canal de l’ourcq. 2e (...)
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Août 1999. Pantin (93). Les grandsmoulins. Vue vers le sud-ouest.

Vue aérienne oblique.1er plan à gauche : canal de l’ourcq. 1er plan au centre : les grandsmoulins. (...)
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins. Vue vers le nord.

Vue aérienne oblique.1er plan à gauche : le stade. 1er plan à droite : avenue du général Leclerc. (...)
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Août 1999. Pantin (93). Le canal de l’ourcq, le périphérique et le parc de la Villette, architecte : Bernard Tschumi. Vue vers le sud-ouest.

Vue aérienne oblique.Au premier plan, les grandsmoulins de Pantin, le canal de l’ourcq et le (...)
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Août 1999. Pantin (93). Hôtel de ville, le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins. Vue vers le nord-ouest.

Vue aérienne oblique.1er plan de gauche à droite : rue Victor Hugo, cité administrative, canal de (...)
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Août 1999. Pantin (93). Hôtel de ville, le canal de l’Ourcq, les grandsmoulins. Vue vers le nord-ouest.

1er plan de gauche à droite : rue Victor Hugo, cité administrative, canal de l’ourcq, mairie (...)
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Août 1999. Pantin (93). Hôtel de ville, le canal de l’Ourcq. Vue vers l’ouest.

Vue aérienne oblique.1er plan à gauche : canal de l’ourcq. 1er plan à droite : mairie annexe. 2e (...)
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Type d’étude et de recherche

Localisation
  • 9 rue du Débarcadère
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