Immeuble de bureaux dit Tour Pleyel

tour Pleyel

13 novembre 2018 , par Antoine Furio

Haute de 129 mètres, la tour Pleyel domine le territoire de la Plaine Saint-Denis depuis 1973. Construit sur les terrains désaffectés de l’ancienne manufacture de pianos Pleyel, cet immeuble de bureaux de 37 étages fut l’unique bâtiment érigé d’un projet comprenant initialement quatre tours identiques. Rénovée une première fois en 1985, elle est de nouveau appelée à être modernisée pour cette-fois accueillir un complexe hôtelier.

En 1960, alors que la fermeture de la manufacture des pianos est engagée, son propriétaire, M. Cozz, décide d’en valoriser les terrains par un projet immobilier. La construction de logements n’étant pas admise sur le secteur, il s’oriente rapidement vers un programme tertiaire d’envergure censé être un contre-point au quartier d’affaires de la Défense. Malgré les réticences de la municipalité, qui souhaite maintenir des activités industrielles sur la zone, le propriétaire obtient finalement les agréments nécessaires pour la réalisation du Centre Paris Pleyel.
L’opération, dès lors pilotée par la Compagnie générale immobilière de France (Cogifrance – filiale du groupe Edmond de Rotschild), voit se succéder plusieurs projets avant d’aboutir en 1965 à sa forme définitive. Les premières esquisses proposées par les architectes Michel Foliasson et Jacques Binoux prennent le parti d’un bâtiment monumental, devant constituer le plus haut gratte-ciel d’Europe. Proposant d’abord la forme d’un imposant cruciforme, leur dessin évolue vers une superposition de trois blocs. Suite à des déconvenues survenues avec Cogifrance, les architectes se retirent cependant du projet, même si leurs noms continuent improprement à être attachés à ceux de leurs successeurs, Bernard Favatier et Pierre Hérault. Ces derniers s’orientent vers une organisation multipolaire comportant quatre bâtiments identiques placés approximativement aux quatre points cardinaux de la parcelle. Une dalle paysagée en surface relie les immeubles de bureaux entre eux et abrite en sous-sol des niveaux de parkings, puis en rez-de-jardin des services mutualisés (Poste, restaurant d’entreprise etc…). Un passage souterrain relie directement l’ensemble à la station de métro Carrefour Pleyel, inaugurée près de 20 ans plus tôt, un raccordement autoroutier doit être aménagé pour desservir le site et des héliports sont prévus en toiture de chacun des bâtiments.
De ce projet ambitieux, comprenant 140 000 m² de bureaux et des équipements à la pointe de la modernité, ne sera finalement réalisée qu’une seule tour sur la frange ouest des terrains. Malgré l’accord préalable attribué par l’administration centrale en 1965, le chantier reste inachevé, l’Etat et les investisseurs se retirant progressivement au profit des villes nouvelles jugées prioritaires dans le nouveau Schéma d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne (SDAURP). Cogifrance n’a, de fait, commercialisée que 35 000 m² de planchers répartis sur les 37 étages de la tour.
Bien que l’opération soit plus modeste que prévue, le bâtiment se singularise dans le paysage des tours. D’un gabarit? plus proche de la tour Montparnasse, dont elle est contemporaine (1973 – 210 mètres), que celles de La Défense (ne dépassant pas encore les 115 mètres), elle se distingue de toutes par sa silhouette élancée. D’une base carrée, de 35 m de côté, son profil s’affine au fil des étages. Les lignes verticales de sa façade épaisse, préférée à une façade lisse? plus usitée à l’époque, renforce encore cet effet d’élancement.
Les poteaux de béton, constituant avec le noyau central les éléments porteurs de l’édifice, sont placés à l’extérieur de la paroi pour former une succession de bandes verticales resserrées. Dans leurs interstices sont placées les baies vitrées. Le dernier niveau évidé, forme une interruption dans cette continuité de façade.
Le revêtement initial en acier corten autopatiné conférait à la tour un aspect monolithique dont l’austérité, et surtout une dégradation précoce du matériau, nécessita une rénovation du bâtiment en 1985, 12 ans après son inauguration. Entièrement rhabillée d’un bardage? d’aluminium blanc et d’allèges de fenêtre « terre de sienne », la tour fut également dotée à son sommet d’une enseigne géante qui porte sa hauteur à 143 mètres. Vestiges du projet initial de dalle paysagère, les aménagements du rez-de-jardin ont, quant à eux, conservé leur aspect d’origine. A l’extérieur comme à l’intérieur, des cloisons vitrées en menuiseries d’aluminium brossé forment de larges galeries desservant l’accueil de la tour, l’accès sous-terrain au métro et délimitent divers espaces de services. Le dessin de leur profilé tout en saillis et en courbes, assez significatif de la production des années 1970, témoigne de l’esprit de modernité du projet architectural originel.
Ceinturant la tour sur sa partie est, la dalle est couverte d’espaces plantés et de cheminements piétonniers distribuant d’autres bâtiments de bureaux de six à neuf niveaux construits postérieurement à l’emplacement des trois autres tours jamais édifiées. Depuis 2012, dans le cadre des projets de développement métropolitain du quartier Pleyel, le principal propriétaire de la tour, Pleyel Investissement, cherche à réhabiliter le bâtiment, le doter de nouveaux équipements et le revêtir d’une nouvelle façade en adéquation avec les standards actuels de l’immobilier de bureaux.
En 2017, un important chantier de réhabilitation de la tour a été lancé qui la destine finalement à recevoir un gigantesque complexe hôtelier.

Date de construction
1965-1973
Organisme
service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Date de rédaction
2012; 2017
Auteur
Foliasson Michel (architecte) : avant-projet ; Binoux Jacques (architecte) : avant-projet ; Favatier Bernard (architecte) ; Hérault Pierre (architecte)
Maitre d'ouvrage
Compagnie générale immobilière de France

Illustrations

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N° 1026150 - jpg - 800 × 1067 pixels Détails
Crédits Crédits non renseignés
Dimensions 800 × 1067 pixels
Résolution 0.9 Mpx
Poids 75.9 ko
Date 28 mars 2017
Fichier p1010164_v.jpg
Type d’étude et de recherche

Localisation
  • 153 boulevard Anatole France
Dénomination