étude et villa pour un notaire, actuellement La Galerie-Centre d'art contemporain

étude et villa pour un notaire, actuellement La Galerie-Centre d’art contemporain

étude et villa pour un notaire, La Galerie-Centre d'art contemporain

16 novembre 2018 , par Hélène Caroux

Implantée sur l’un des principaux axes de Noisy-le-Sec et sur une parcelle d’une contenance de 3500 m², cette magnifique villa fut commanditée par un notaire, M. Pottier. A l’origine, la commande passée auprès de l’architecte noiséen Charles Barrois comportait 3 bâtiments : un bâtiment à usage d’étude pour le notaire, placé en bordure de la rue Saint-Denis, un autre à usage d’habitation et enfin un bâtiment à usage d’écuries et de remises. Afin de faciliter le passage entre la sphère privée et professionnelle, les deux premiers bâtiments étaient reliés au niveau du rez-de-chaussée mais la partie étude a été volontairement placée en retrait afin de leur garantir d’une part une certaine indépendance et d’autre part, de mettre en valeur la villa. A l’exception du cabinet du notaire situé dans la partie habitation, l’étude était composée d’un ensemble de pièces réparties sur 3 niveaux et composées au rez-de-chaussée du cabinet du principal et des caissiers, d’une salle d’attente, au premier étage d’une salle de vente et d’une salle de signature, ainsi qu’une pour les expéditionnaires, et enfin au 2nd étage les archives.
Si des 3 parties que comportait le programme d’origine ne subsiste aujourd’hui que celle réservée à l’habitation, elle reste la plus intéressante tant par sa taille que par son décor. Destinée à une « famille de grande aisance » (La Construction moderne, 1911, p. 28), cette villa comportait 3 niveaux (sous-sol, RDC, R+1 + combles). La cuisine était située au sous-sol afin que le rez-de-chaussée soit entièrement dévolu à la réception et le premier étage à l’habitation (3 chambres de maîtres, 2 chambres d’enfants).
Aussi vaste que confortable, l’ensemble des bâtiments disposait des meilleures conditions d’hygiène pour l’époque (canalisations d’eau chaude et d’eau froide, système d’évacuation rapide des vidanges, chauffage, de la ventilation et de l’éclairage...). C’est peut-être pour ces raisons qu’elle fut dénommée sur certaines cartes postales "Maison moderne".
Si un même confort et une même hygiène ont été recherchés au sein des deux principales constructions, un traitement différent a été par contre apporté aux façades et à la volumétrie. Relativement simples pour le bâtiment destiné à l’étude, elles se complexifient et sont largement ouvragées pour la villa. En référence au style Renaissance, on retrouve cette même harmonie et élégance grâce à l’association de la brique de bourgogne (rouge) et de la pierre (bauc franc de palotte) mais également par l’usage des motifs classiques le plus souvent en saillies. Sans perturber l‘harmonie d’ensemble, de nombreux éléments sculptés faisant saillies viennent en effet animer les façades comme la grande baie au 1er étage formant bow-windows repose sur une console moulurée et se trouve couronné par un imposant fronton, l’oculus qui vient éclairer les combles, ou encore le conduit de cheminée.
La multiplication des points de vues est favorisée par celle des terrasses situées à chacun des niveaux : au rez-de-chaussée donnant accès à la galerie?, au 1er étage en surplomb de l’entrée et enfin au niveau des combles.
La publication de cette « étude et villa pour un notaire » plusieurs années après son édification s’expliquerait par l’exposition des dessins au Salon des Artistes Français, à l’occasion duquel le rédacteur de la revue aurait souhaité qu’ils soient publiés. Celui-ci estime « en résumé, par son heureuse silhouette, son joli style et le décor général de ses façades, aussi bien que par ses confortables aménagements intérieurs et les distributions amples et commodes, cet ensemble de construction fait le plus grand honneur à l’architecte, chez qui nous louerons une fois de plus le bon goût de l’artiste et l’expérience approfondie du praticien » (La Construction moderne, 15 octobre 1911, p. 31).
Acquise par la municipalité en 1913, cette villa abrita un hôpital militaire durant la Première Guerre mondiale, puis un centre des impôts, un tribunal ou encore une bibliothèque municipale. Elle accueille depuis 1999 un centre d’art contemporain et les bureaux du service municipal de la culture

Organisme
Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Date de rédaction
2009
Code site
053inv019
Date de découverte ou d'enquête
2008
Source
inventaire départemental
Précision dénomination
villa
Auteur
Barrois, Charles (architecte)
Qualification de datation
campagne(s) de construction
Date initiale
1875
Date de fin
1899

Illustrations

Noisy-le-Sec, étude et villa pour un notaire, actuellement La Galerie-Centre d’art contemporain - Vue d’ensemble

N° 27730 - jpg - 600 × 450 pixels Détails
Crédits Photo Hélène Caroux © Département de la Seine-Saint-Denis - 2009
Dimensions 600 × 450 pixels
Résolution 0.3 Mpx
Poids 78.1 ko
Date 19 août 2009
Fichier 27730_pleinecran.jpg
Type d’étude et de recherche

Localisation
  • 1 rue Jean-Jaurès
Chronologies

Auteurs / protagonistes

Autres protections (Noisy-le-Sec)