lotissement de l’Avenir

lotissement de l'Avenir

Un des premiers foyers de peuplement de la ville des Lilas, l’Avenir, est le seul exemple de lotissement spéculatif concerté sur le territoire de la commune. Il est l’oeuvre de Louis Sixte Messonnier qui créa en 1850, la "Société de prévoyance et d’acquisition d’immeubles l’Avenir". Dès 1852 lui succédait l’"Association d’Epargne immobilière du Bois" dont on prononcera la liquidation et le partage en 1863.
Ce lotissement est implanté sur une partie du Bois alors à cheval sur les communes de Pantin et de Romainville. Il s’inscrit pour l’essentiel entre les rues Jean Moulin et Henri Barbusse, ancienne rue de l’Avenir, et le boulevard Eugène-Decros, ancienne rue du Bois. Il a donné lieu à l’ouverture des rues de la Rochefoucault, de la Prévoyance, Jean Dudas et de la Paix, ainsi que de la rue Messonnier seule implantation sur le territoire de Romainville. Leur tracé, structuré par celui de la rue de l’Avenir, a été dessiné en fonction de la pente importante dans ce secteur, soit perpendiculairement soit parallèlement (rue de la Paix). A cette époque où le sud du boulevard Decros était dépourvu de constructions, les panoramas à partir de ces rues en pente devaient être exceptionnels.
Les parcelles ont été découpées perpendiculairement aux voies, de largeur à peu près égales. Sur le cadastre daté de 1848 mais révisé à une date ultérieure (section D) apparaissent déjà quatre maisons construites rue La Rochefoucault, deux rue Jean-Moulin, cinq rue de la Paix, deux rue de la Prévoyance, une rue Henri-Barbusse (la rue Messonnier n’apparaît pas). Sur le plan de 1854 (révisé à une date ultérieure), pratiquement tous les lots sont construits.
A noter que la Cité Saint-Germain, la rue de Bellevue et la rue du Regard apparaissent déjà sur les cartes mais ne font pas parti du lotissement et que la rue Jean-Dudas desservait l’arrière des parcelles donnant sur la rue de la Prévoyance. La toponymie du quartier est également due à Messonnier. Sa situation de cadre à la Caisse d’épargne et de prévoyance de Paris explique les appellations la Prévoyance, la Paix, bien en adéquation avec les desseins de cet organisme ainsi que le nom de La Rochefoucault, famille dont les membres furent successivement cadre et administrateur de la Caisse.
Ce lotissement était destiné à une population aisée qui y fit construire de belles villas dans des jardins clos de grilles. Les maisons étaient implantées à l’avant des parcelles dans l’alignement de la rue, dégageant à l’arrière de l’espace privé, pour les jardins. Cette organisation a facilité par la suite le partage des parcelles. Les cartes postales nous donnent un aperçu du paysage généré par ces constructions : des maisons à un ou deux étages, coiffées de toits généralement à croupe, serrées les unes à côté des autres et créant des fronts bâtis réguliers et homogènes. Le décor des façades était sobre, limité à de l’enduit de plâtre, des corniches et bandeaux moulurés et, à l’occasion, des marquise en fer et verre. L’impression d’homogénéité sur la rue était renforcée par les grilles posées sur des murets et ouvertes de portails aux piles de maçonnerie. Les bâtiments utilitaires étaient intégrés aux clôtures et coiffés de toits à un pan. Cette homogénéité conduit à penser que les terrains étaient vendus bâtis à l’exception de certaines parcelles, rue Jean-Moulin, rue de la Rochefoucault, où le constructions s’offraient des variantes mais tout en respectant un cahier des charges imposant des directives au niveau de l’implantation des maisons, de leur style, de la forme des toitures et enfin des clôtures. La plupart de ces dernières ont subsisté et permettent d’identifier les anciennes propriétés. Si toutes présentent des ferronneries de qualité, elles sont cependant élaborées sur des modèles différents.
Aujourd’hui le paysage de l’ancien lotissement a changé et l’unité des premiers temps a disparu. Le secteur a subi une densification résultant du morcellement des parcelles, de l’agrandissement des villas et de la construction de nombreux autres bâtiments : maisons, immeubles et activité. L’inventaire a permis d’identifier un grand nombre de ces maisons qui, bien que généralement très remaniées, subsistent. Si la présence d’une grille de ferronnerie est un bon indicateur, le gabarit? des maisons en est un autre. Interviennent aussi dans cette reconnaissance, la qualité des appuis de fenêtre en fonte moulée, des vestiges d’éléments de décors tel qu’une corniche? moulurée mais également la forme des toitures. Enfin, les quelques cartes postales représentant le secteur au début du 20e siècle constituent une aide non négligeable pour l’identification de ces maisons.

Date de construction
1848-1854
Organisme
service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Date de rédaction
2005
Code site
045inv199
Date de découverte ou d'enquête
2005
Source
inventaire départemental
Qualification de datation
campagne(s) de construction
Lieu-dit ou quartier
Secteur du Bois
Date initiale
1825
Date de fin
1874
Type d’étude et de recherche

Localisation
  • rue Jean Moulin ; rue Henri Barbusse ; rue de la Paix ; rue de la Prévoyance ; rue de La Rochefoucault
Dénomination

Autres protections (Les Lilas)